Maintenant que les bases sont posées, examinons pourquoi des vignerons — parfois après avoir expérimenté d’autres voies comme la biodynamie ou le vin nature — choisissent finalement de se concentrer sur le bio.
La solidité d’un cadre réglementaire
L’une des premières raisons qui expliquent la préférence pour le bio est la clarté et la reconnaissance de son cahier des charges. En Europe, la certification biologique est strictement encadrée, ce qui assure une transparence vis-à-vis du consommateur. Pour un vigneron, cela représente un atout commercial majeur : obtenir le label AB ou le logo bio européen sur ses bouteilles renforce immédiatement la confiance des acheteurs.
Pour certains producteurs, les exigences de la biodynamie peuvent paraître plus floues ou trop philosophiques. Quant au vin nature, son absence de label officiel peut constituer un frein pour ceux qui souhaitent adopter une démarche claire et reconnue par des certifications rigoureuses.
Une flexibilité dans l’application des pratiques
La viticulture biologique offre davantage de liberté d’action que la biodynamie, notamment en termes d’ajout d’intrants limités en cave. Par exemple, un vigneron bio peut utiliser du soufre, dans des proportions qui garantissent une stabilité au vin, tout en restant conforme au cahier des charges. Dans un contexte où les aléas climatiques, comme l’oïdium ou le mildiou, sont de plus en plus fréquents, cette flexibilité peut être réconfortante pour de nombreux producteurs.
En biodynamie ou en vin nature, les exigences sont plus contraignantes. Cela peut parfois engendrer des risques pour la qualité ou la conservation du vin. Beaucoup de vignerons justifient leur choix en expliquant qu’ils ne souhaitent pas se sentir enfermés dans des dogmes, tout en gardant une philosophie profondément respectueuse de l’environnement.
Une transition réaliste et accessible
Le passage à une viticulture bio est souvent perçu comme une première étape logique pour quitter l’agriculture conventionnelle. Adapter son vignoble à la biodynamie nécessite une remise en question encore plus profonde des pratiques et une formation spécifique. De nombreux vignerons préfèrent stabiliser leurs pratiques biologiques avant d’envisager d’aller plus loin, voire s'en tenir à cette étape.
D’après des chiffres de l’Agence Bio en 2022, la stricte production biologique représentait déjà près de 14 % des surfaces viticoles françaises avec une croissance annuelle importante. Un chiffre qui illustre à quel point ce modèle est en train de devenir une norme pour les vignobles.